samedi, octobre 23Nouvelles importantes

BOBO-DIOULASSO : LES LAVANDIERES DU MARIGOT HOUET

Elles ne passent pas inaperçues lorsque vous passez sur le pont enjambant le marigot Houet, en allant vers le Commissariat central de la ville de Sya. Sur ledit pont, un simple coup d’œil jeté en bas, dans le lit du marigot, suffit pour les voir, l’échine courbée, brosses et savon en main, acharnées à la lessive. Elles, ce sont les lavandières du marigot Houet qui gagnent leur vie en faisant la lessive pour les riverains et parfois pour d’autres personnes qui viennent de quartiers reculés de la ville.

Venues toutes des campagnes et villages du Mali, les lavandières du marigot Houet sont des jeunes filles et des jeunes femmes qui ont quitté leurs familles, le temps d’une saison sèche, pour venir dans la ville de Bobo-Dioulasso, avec l’intention de se faire quelques économies en lavant les habits d’autrui et repartir au pays, la saison des pluies venue.

Le lit du marigot Houet est leur buanderie et c’est dans le mince filet d’eau qui y coule qu’elles s’approvisionnent pour les besoins de leur activité. Une activité qui, sans être très lucrative, rapporte cependant à ces braves jeunes filles et femmes un minimum de ressources financières qui garantit leur dignité. Elles lavent les pantalons et les chemises à 50 Fcfa l’unité et les draps à 100fcfa l’unité. Lorsqu’elles ont beaucoup de linges à laver, la recette journalière peut parfois atteindre la somme de 6000 Fcfa par lavandière.

« Avec ce que nous gagnons dans ce travail, nous achetons des habits, des effets de parure, des vivres pour aller les remettre comme cadeaux à nos proches et aux membres de nos familles au Mali. Nous faisons cela pour eux car c’est grâce à leurs prières et à leurs bénédictions que nous avons pu venir travailler ici en bonne santé et avoir un peu d’économie » affirme Rokia TRAORE, épouse COULIBALY.

Dans leur métier, il arrive parfois qu’elles perdent des vêtements parce qu’elles les ont mis par inadvertance dans les ballots d’autres clients. Et lorsque cela se produit, elles sont souvent sommées par les clients de rembourser. Si elles reconnaissent que le métier leur permet de subvenir à leurs besoins existentiels et à ceux de leurs familles restées au Mali, elles n’oublient cependant pas de signaler combien c’est une activité difficile : « Quand nous finissons de travailler et que nous rentrons le soir à la maison, nous avons mal aux mains, au dos et aux genoux » Précise Fatoumata DEMBELE.

Mais malgré tout cela, elles sont présentes chaque matin, prêtes à recevoir des ballots de linges sales qu’elles rendront, à la seule force de leurs mains, propres ; et ce, pour le bonheur de leurs clients.

 

 

KO Germain

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