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SYRIE : LA CLASSE POLITIQUE FRANÇAISE PARTAGEE A PROPOS DES FRAPPES

La coalition Etats-Unis, Royaume Uni et France a lancé une série de frappes ciblées dans la nuit du vendredi au samedi sur Damas, en représailles à l’attaque chimique présumée qu’aurait mené par le régime Assad dans la ville de Douma. Sur la question, la classe politique française ne regarde pas dans la même direction.

Les parlementaires débattront sans voter, à partir de ce lundi , de l’opération militaire menée par Paris, Londres et Washington contre des sites syriens. Il s’agira pour le premier ministre Edouard Philippe, d’expliquer aux élus les raisons de la participation de la France aux opérations militaires menées en Syrie. Les débats s’annoncent houleux car la classe politique française est divisée sur la question, surtout que le pays n’intervient pas dans le cadre d’une résolution de l’ONU. Pour sa part, le président Emmanuel Macron a récusé toute action illégale et fait valoir une “intervention de manière légitime, dans un cadre multilatéral”. “Nous avons obtenu par nos services et les services de nos alliés des preuves que du chlore, des armes chimiques, avaient été utilisées, et nous avons obtenu la preuve que ces armes pouvaient être attribuées au régime syrien”, a expliqué le locataire de l’Elysée.
Son prédécesseur François Hollande trouve de son que l’intervention de la France en Syrie est justifiée. “Les frappes qui ont été décidées étaient justifiées parce que le régime de Bachar Al-Assad avait manqué à toutes ses responsabilités, même dans ses devoirs les plus humanitaires. Il a utilisé une nouvelle fois l’arme chimique. Il fallait donc une réaction”, a expliqué Hollande.

© Ouest France

Des avis qui sont cependant loin de convaincre une frange de la classe politique française dont le Front national de Marine Le Pen. Invitée de France 2, la présidente du Front national s’est montrée sceptique sur “les preuves” détenues par la France et les Etats-Unis quant à une attaque en chimique en Syrie : “On nous a déjà fait le coup avec les petites fioles censées prouver l’existence d’armes de destruction massive en Irak. Chat échaudé craint l’eau froide !”, a-t-elle martelé avant d’ajouter que : “Comme Nicolas Sarkozy voulait la peau de Kadhafi, Emmanuel Macron veut la peau de Bachar el-Assad. Cela risque, comme en Libye, de mettre au pouvoir les islamistes, et d’entraîner de nouveaux flux migratoires massifs.”, a fait savoir la présidente du parti d’extrême droite. Quant à Jean-Luc Melenchon, la France n’est pas dans un bon rôle en Syrie. ”Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français. Et cela sans aucune perspective politique en Syrie. C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable. La France mérite mieux que ce rôle. Elle doit être la force de l’ordre international et de la paix.”, a expliqué le chef de file de la France insoumise.

La participation française à cette opération reste cependant limitée, malgré l’engagement d’importants moyens par Paris. Selon les éléments diffusés par le ministère des Armées, douze missiles ont été tirés, neuf par des Rafales et trois par une frégate multimissions (Fremm), présente en Méditerranée. C’est la première fois que la France utilisait ces «missiles de croisières navals», dont la portée d’environ 1000 kilomètres permet de rester à distance de la cible.

Synthèse de Péma Gaël

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