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FOOTBALL /CARRIERE BRISEE : LE CAS TOUSSAINT NATAMA

”La carrière du footballeur est courte, et une fois en dehors des terrains, on se retrouve sans rien, sans fonds de pension, ni cotisations à des fins médicales”, dixit Manuel Salazar, footballeur professionnel du Salvador, qui a mis un terme à sa carrière à seulement 25 ans. Si ce dernier l’a fait par manque de perspectives, certains de ses camarades de la profession ont été contraints à mettre un terme à leur carrière de manière précoce par un coup du sort. Dans cette catégorie de joueurs qui ont vu leur carrière s’estomper brusquement, l’on peut classer l’ex-international burkinabè Toussaint Natama. En 2004, pour peaufiner leur préparation avant de se rendre en Tunisie pour y disputer la Coupe d’Afrique des nations, les Etalons se sont mesurés au Sily national de Guinée. Toussaint Natama qui évoluait alors à Westreloo dans la ligue d’élite belge faisait partie du groupe de Jean Paul Rabier, coach des Etalons à cette époque. Cette rencontre amicale va marquer un tournant de la vie de Natama. Dans un duel aérien avec le colosse défenseur Bobo Baldé, l’avant – centre burkinabè va subir un terrible choc. Le constat est sévère : hémiplégie du côté gauche qui va par conséquent une paralysie donc le rendre inapte pour la pratique du sport de haut niveau. Son club Westreloo finira par rompre son contrat en 2005. Dès lors, l’ancien sociétaire de l’Etoile filante de Ouagadougou va connaître aux enfers et sera livré à lui-même.

Invité de l’émission Le Grand Déballage de la télévision privée Burkina info, Toussaint Natama s’est prononcé sur sa traversée du désert. S’il avoue que moralement il tient le coup, il faut se rendre à l’évidence que l’ex-international burkinabè vit dans le dénuement total. Natama estime qu’il n’a pas bénéficié du soutien adéquat du monde du football, hormis Aristide Bancé, pour espérer revenir sur les pelouses. “Aristide Bancé est le seul joueur à prendre mon problème à bras le corps”, a-t-il confié. Quatorze ans après sa blessure, l’ex-international burkinabè a avoué que sa vie a négativement basculé et qu’il ne que s’appuyer uniquement sur le soutien de sa mère, aujourd’hui retraitée. ”Je vis de la famille et des amis, s’il y en a encore. Je suis devenu dépendant de la pension de retraite de ma maman”, a exprimé Natama.

Loin de vouloir s’apitoyer sur sort, Toussaint Natama entend néanmoins avoir une forme de reconnaissance et soutien de la nation. “Je ne réclame pas justice mais je pense qu’il y a un devoir de reconnaissance qu’on me doit parce que j’ai répondu à l’appel du pays et je ne savais pas que les choses allaient se passer ainsi. Même si je n’ai plus d’argent comme avant j’aimerai au moins être en bonne santé et pouvoir jouer ne serait – ce que chaque dimanche matin. Même cela je ne peux pas le faire. Je prends de l’âge et je me sens inutile ”, a-t-il déclaré sur les antennes de Burkina info. C’est un Toussaint Natama véritablement résigné qui a peiné à masquer sa frustration et n’a pas manqué de confier au confrère Ismaël Ouédraogo de Burkina info que “Si je n’ai pas été soigné ce n’est pas une décoration que je vais attendre de l’Etat”.

Toussaint Natama ne souhaite pas que la nouvelle génération connaisse son sort. Il a saisi l’opportunité pour demander à ses jeunes frères de travailler à ne pas se retrouver sur le carreau. L’ ex-international burkinabè vit aujourd’hui dans son domicile de Dassasgho à Ouagadougou avec le soutien indéfectible de sa mère. “Heureusement qu’elle au moins ne m’a pas lâché. C’est sa pension de retraitée que me permet de mener ma petite vie avec mon fils de six ans” , a conclu l’ancien sociétaire de l’Etoile filante de Ouagadougou.

Péma Gaël

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