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LA POLICE MUNICIPALE EN TÊTE DU HIT-PARADE DE LA CORRUPTION

Le réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC ), a publié son rapport d’enquête sur le phénomène de la corruption au Pays des Hommes intègres. Selon le rapport 2017 du REN-LAC, c’est la police municipale qui occupe la tête du hit-parade des services les plus corrompus du pays.

Avril 2017, Police municipale : Un recrutement fait grincer des dents , ©B24

Pour faire le point sur son rapport d’enquête, le REN-LAC a convié les hommes de médias pour une conférence de presse le mardi 17 juillet dernier à Ouagadougou. Et selon le rapport de l’organisation de lutte anti-corruption a désigné la police municipale comme tête de peloton de la corruption. Le Secrétaire exécutif du REN-LAC, le Docteur Claude Wetta, a fourni plus de précisions aux Hommes de médias. “Après les enquêtes, c’est à ce niveau que les pratiques de corruption ont été les plus fréquentes en 2017. En effet sur 258 contacts avec les polices municipales, sur 240 cas ont fait l’objet de pratiques de corruption selon les répondants. 104 de ces cas ont eu lieu à Ouagadougou et 69 à Bobo-Dioulasso”, a fait savoir le Dr Wetta.

Après la police municipale, suivent respectivement les services des douanes et la direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM). Le Docteur Claude Wetta a encore une fois apporté des éléments d’explication. “Au niveau des services des douanes, les rapports révèlent selon les témoignages que sur 60 sollicitations notées 38 ont fait l’objet de corruption. Tandis qu’au niveau de la DGTTM, sur 118 sollicitations de services ce sont seulement 62 cas dont 42 à Ouagadougou qui ont fait l’objet de corruption. La plupart des cas de corruption à DGTTM ont été enregistrés au niveau de l’administration des examens pour l’obtention des permis de conduire.”, a expliqué le Secrétaire exécutif du REN-LAC.

Il faut rappeler que dans son discours de prise de fonction en 2015, le Président du Faso Roch Kaboré a promis zéro tolérance pour la corruption. Plus de deux ans après, le constat du REN-LAC est que ces déclarations du Président du Faso peinent à se traduire par des actes concrets. “Les signaux de la gouvernance vertueuse promise par le Président du Faso Roch Kaboré, tardent à se faire sentir. En témoignent les soupçons et scandales de corruption qui égratignent les différents services et institutions ( Présidence du Faso, Santé, Éducation infrastructures, Caisse nationale de sécurité sociale), qui ne semblent pas émouvoir les gouvernants. Alors qu’elle avait amorcé une baisse en 2015, la fréquence de la corruption ressentie par le citoyen est en augmentation en 2017 pour la majorité des enquêtés.”, a déclaré le Dr Wetta.

Pour parvenir à bout de ce phénomène qui met à mal la bonne gouvernance, le Secrétaire exécutif du REN-LAC a formulé des recommandations à l’endroit des autorités. “Systématiser les enquêtes de moralité avant les nominations à des postes de responsabilité. Systématiser le déclenchement des procédures disciplinaires contre les agents sur lesquels pèsent des soupçons de corruption. Promouvoir les valeurs d’intégrité avec des récompenses aux agents intègres et méritants. Engager des actions de mise en oeuvre des recommandations des enquêtes parlementaires. Encourager et soutenir les médias dans leurs efforts d’investigation sur la gestion publique. Mettre en place des réseaux de veille et d’alerte sur les cas de corruption sur toute l’étendue du territoire.”

En rappel, le sondage de cette étude du REN-LAC a été mené du 2 au 16 novembre 2017 dans les 13 chefs lieux de régions du pays et dans la ville de Pouytenga. Il a porté sur un échantillon de 2.000 personnes âgées d’au moins 18 ans, dont 50,02% de femmes.

Péma Gaël

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