dimanche, septembre 26Nouvelles importantes

Dez Altino, artiste musicien

« Le show-biz ne fait pas la place à personne »

Considéré comme l’une des stars de la musique au Burkina Faso, Dez Altino à l’état civil Désiré Ouédraogo est originaire du nord du pays. Une carrière musicale sous les feux des projecteurs depuis son premier opus jusqu’à nos jours et couronnée par des distinctions dont le Kundé d’or en 2013. Précurseur des rythmes traditionnels comme le « wiré » et le « liwaga », l’artiste s’est retrouvé sur plusieurs scènes à travers le monde entier. Dans cette interview qu’il nous a accordée au sein de son studio d’enregistrement, l’artiste revient sur la difficile période de confinement, parle de ses projets, de sa collaboration avec la Camerounaise Lady Ponce et de certaines difficultés rencontrées dans le milieu du show-biz. Lisez plutôt !

The Post BF : Comment allez-vous ?

Dez Altino : Je me porte très bien !

Comment avez-vous vécu cette période de confinement avec la Covid-19 qui a presque bloqué toutes les activités ?

Difficilement comme tout le monde. Nous avons passé le temps à communiquer et j’ai fait des directs via les réseaux sociaux avec d’autres artistes comme KPG, Bil Aka Kora et le site de Shamar. J’ai été invité pour une prestation à l’occasion de la fête de la musique ; donc, je n’ai pas beaucoup chômé. Le hic, c’est que tous les contrats que j’avais signés ont tous été annulés mais ce n’est que partie remise.

Pendant la Covid-19, vous avez regroupé vos musiciens et vos danseuses pour un single sur la pandémie, avec pour invitée, sur cette chanson, votre fille. Est-ce une manière de la guider dans la chanson pour en faire une artiste comme vous ?

Non, pas forcement. Quand je composais la chanson, elle était tout le temps à mes côtés et chantait avec moi. Voilà pourquoi quand on est allé en studio, je l’ai mise dans l’enregistrement.

Et quelle serait votre réaction si elle décidait de suivre les traces de son papa dans la musique ?

L’essentiel, il faut qu’elle sache ce qu’elle veut d’abord car c’est très important. Mais si telle est sa volonté, je ne trouverai pas d’inconvénient puisque c’est un boulot comme tout autre même si c’est un milieu très difficile.

De votre tout premier album à nos jours, vous êtes resté dans le registre tradimoderne contrairement aux jeunes artistes qui sont plus dans les sonorités urbaines. Pourquoi ?

Je fais de temps en temps de la musique urbaine. Vous savez que moi, je suis plus dans la musique tradimoderne comme le « warba », le « wiré », le « liwaga »,…, que j’essaie de moderniser. Pour moi, c’est une façon de valoriser la culture burkinabè. S’il n’y a personne pour le faire, je me demande comment nous allons évoluer car les autres ne viendront pas le faire à notre place. N’empêche que d’autres artistes décident de faire autre chose. Je fais une fusion des musiques de chez nous et des rythmes d’ailleurs. Et c’est ce qui fait ma force.

Parlant de fusion, il y a eu l’expérience avec la Camerounaise Lady Ponce. A quoi ce projet de featuring a-t-il abouti ?

D’abord, il y a le fait qu’on a osé. On ne se connaissait pas trop. C’est à travers la musique que l’on s’est rencontré et ce projet est une ouverture pour le Cameroun et pour le Burkina Faso ainsi que pour nous deux. Le projet a abouti à un concert à l’Olympia de Paris le 12 avril dernier. Malheureusement, avec la Covid-19, on n’a pas pu faire le concert. Cela été une bonne action pour moi car ayant abouti à de bons résultats et ce d’autant plus qu’il n’est pas permis à tout le monde de jouer à l’Olympia.

Après Lady Ponce, peut-on penser à quelle autre vedette ?

On ne peut pas prévoir les featurings. C’est toujours mieux d’attendre le moment opportun.

Tout n’est pourtant pas rose pour vous. Quelle peut être la difficulté majeure d’une star comme vous ?

La star aussi rencontre des difficultés. Quand on évolue, il y a toujours des peaux de bananes ; ce sont les mêmes difficultés du show-biz. Il faut se battre d’avantage parce que le show-biz ne fait pas la place à personne. C’est une personne qui se fait la place dans le show-biz. Je prends les difficultés du bon côté et je pense que je suis assez mûr pour les surmonter. Le succès appelle toujours des difficultés.

Bientôt, ce seront les élections. Allez-vous jouer pour un parti politique ?

Je jouerai pour n’importe quel parti politique. L’artiste appartient à tout le monde, à tous les Burkinabè, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Donc ceux qui m’invitent et qui remplissent mes conditions, je pense que je vais jouer pour eux.

Quels sont vos projets en cours ?

C’est la relance de mes tournées après la crise sanitaire. Je commence très bientôt mes prestations. Et le staff va communiquer sur les dates et les concepts.

Peut-on parler de la couleur du prochain album ?

J’ai commencé à travailler sur l’album ; ce sera encore de la variété. Mais il sera très concentré sur le registre traditionnel. L’œuvre comportera beaucoup de surprises et c’est ce que je peux dire pour le moment.

Quelle étape vous a le plus marqué de toutes vos tournées à travers le monde ?

Je peux dire que c’est mon premier voyage aux USA en 2013. C’est la même année que j’ai remporté le Kundé. Les Burkinabè des Etats-Unis se sont sérieusement mobilisés pour me réserver un accueil chaleureux. Ce voyage a permis de rehausser l’image de l’artiste que je suis.

Que visez-vous à travers le studio que vous venez d’implanter ?

C’est pour joindre l’utile à l’agréable. Le studio est issu de ma structure de production qui est Dez Altino Prod. La structure sera bientôt mise en marche. Je me suis dit qu’avec un studio à l’appui, ça peut donner un peu plus de force. Nous sommes dans des essais. Nous allons bientôt définir les plans d’actions pour voir comment nous pouvons aussi soutenir la musique burkinabè.

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

Je leur dis merci pour leurs multiples soutiens car sans eux, c’est compliqué pour l’artiste.  C’est parce qu’il y a des fans derrière que la majeure partie des artistes ont le courage d’avancer.

Et quel est votre mot de la fin ?

Je demande la paix et la stabilité pour mon pays le Burkina Faso. Sans ces éléments, on ne peut pas parler de musique. Je salue l’initiative de votre site pour cette marque de considération envers moi. Aujourd’hui, nous devons avons avoir beaucoup de sites qui parlent de culture et c’est dans cette démarche que la musique burkinabè pourra aller loin. Longue vie à The Post BF.

Interview par Aboubakar Kéré pour The Post BF

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