dimanche, septembre 26Nouvelles importantes

COMMUNE RURALE DE KANDO

Ou comment un maire se fait virer

Les informations sont consignées dans un rapport de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC). Le document définitif, daté de mai 2020, gardé confidentiel jusque-là, s’intitule : « Rapport d’investigation sur la gestion du lotissement de la commune rurale de Kando dans la province du Kouritenga, région du Centre-Est ». Selon les limiers de la lutte contre la corruption, le maire de Kando, Ima Boezemwendé Alain, doit être révoqué et poursuivi en justice.

Les faits reprochés au maire Ima Boezemwendé Alain sont suffisamment graves. A titre d’exemple, il lui est reproché, une discrimination dans le « positionnement sur les parcelles », qui « engendre des frustrations au sein de la population ». Le contrôleur d’Etat, Siribié Ousmane Jean-Pierre, qui a conduit la mission d’enquête de l’ASCE/LC, et ses collègues, évoquent du « favoritisme » et du « népotisme ».  Pourquoi ? Deux faits peuvent en être illustratifs si l’on lit bien le document. Le premier : huit parcelles destinées à la belle-famille du maire « sont des pans-coupés ». « Celle de l’épouse » étant « située en bordure d’une voie principale ». Le second : trente-sept parcelles sont destinées à la famille directe du maire ; six en pans-coupés et sept situées en bordures de voies principales. Les autres faits reprochés au maire dans son lotissement sont les suivants : des listes de personnes recensées non disponibles ; une absence de critères clairs et formalisés d’attribution de parcelles ; la non-existence d’un accord entre la mairie et l’ensemble des propriétaires terriens ; l’attribution de parcelles non faite en commissions ; la non- production des PV d’attribution de parcelles par séance de travail de la Commission d’attribution ; la discrimination dénoncée par la population dans le positionnement des bénéficiaires sur les parcelles.  « Les attributions de parcelles à usage d’habitation comportent de graves irrégularités qui entachent la transparence et la crédibilité desdites attributions. La responsabilité incombe au maire de Kando, président de la Commission. Cette situation est source de graves risques d’enrichissement illicite de nombreux acteurs intervenant dans les attributions, notamment le maire », a souligné l’ASCE/LC. Au regard de tout ce qui précède, l’ASCE/LC a fait une recommande, forte, au ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale : « révoquer le maire de Kando, président de la Commission d’attribution des parcelles à usage d’habitation conformément à l’article 272 de la loi N°055-2004/AN portant Code général des collectivités territoriales au Burkina du 21 décembre 2004 avec poursuites judiciaires ».

The Post BF

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