vendredi, juin 18Nouvelles importantes

Mouvement « SENS »

Voici le manifeste

Guy Hervé Kam, coordonnateur national ; Maiga Abdoul Maìga, coordonnateur national adjoint ; Guy Yogo, secrétaire national en charge de l’orientation politique ; Idrissa Barry, secrétaire national en charge de l’organisation ; Aicha Tamboura, secrétaire nationale en charge de la communication ; Daouda Mounian, secrétaire national en charge de la jeunesse ; Elsa Tiemtoré, coordonnatrice de la jeunesse ; Judith Tiendrebeogo,  secrétaire nationale en charge des femmes ; Blandine Ky, coordinatrice des femmes ;  Richard Koalga, trésorière nationale, responsable de la mobilisation financière ; Yoporeka Somet, secrétaire national en charge du panafricanisme et des relations extérieures. Ce sont là quelques noms des responsables du mouvement Servir et non se servir (SENS) lancé le 2 aout dernier à Ouagadougou. Voici le manifeste du mouvement !

Préambule

L’histoire récente de notre pays, le Burkina Faso, est marquée par une des plus belles pages de son

épopée, à savoir l’insurrection populaire victorieuse des 30 et 31 Octobre 2014. Cette insurrection a consacré l’aboutissement des luttes multiformes et héroïques de notre peuple pour la dignité et la liberté. Elle a aussi et surtout fertilisé dans le sang et la sueur une forte aspiration à une gouvernance vertueuse qui met en avant les valeurs de paix, de justice, d’équité, de solidarité et de respect des droits humains et de l’environnement.

Cette victoire héroïque a aussi inscrit dans la mémoire collective nationale, africaine et mondiale, qu’au Burkina Faso « plus rien ne sera comme avant » !  Ce message de résistance, sorti des barricades de nos villes et de nos campagnes, a fédéré l’ensemble des couches sociales de notre peuple pour exiger un Burkina Faso Nouveau. Notre peuple a accompli sa mission et nourri l’espoir que sa classe politique accomplirait la sienne dans la rédemption et en communion avec ses aspirations légitimes. Hélas, la question ne se pose plus aujourd’hui de savoir si cette classe politique dominante est venue pour SERVIR ou pour SE SERVIR.

En effet, le régime politique post insurrectionnel, issu des élections démocratiques de 2015, se caractérise par une gouvernance au rabais, une inertie des institutions, un immobilisme politique, un manque d’anticipation et un front social en ébullition, qui engendre des tensions dans plusieurs secteurs de la vie publique, une paupérisation galopante, le tout aggravé par un environnement sécuritaire très préoccupant ainsi que des menaces sur la cohésion nationale et sur le vivre ensemble. Cette classe politique prédatrice, issue pour l’essentiel de la Rectification du 15 Octobre 1987, est à bout de souffle et en panne d’imagination, de créativité et de leadership. Elle a enterré les idéaux de la Révolution Démocratique et Populaire et érigé la culture de la corruption, de l’indignité et du manque d’intégrité. Elle ne gouverne plus ; elle offre au peuple le spectacle d’une navigation à vue sans horizon viable, entraînant le pays vers le chaos.

Chaque Burkinabè se trouve donc aujourd’hui devant un choix qui déterminera l’avenir de notre Patrie. C’est un choix qui devra être assumé collectivement car il demande l’implication de chacune et de chacun. C’est pourquoi, nous, filles et fils du Burkina Faso, indignés par les politiques aventuristes plongeant irréversiblement notre pays dans les profondeurs de l’abîme, refusons d’assister passivement à un tel scenario catastrophe et décidons de nous engager résolument à remettre la Patrie sur la voie d’un nouveau destin.

Pour ce faire, nous, Burkinabè de toutes origines et de toutes conditions sociales, des villes, des villages et de la diaspora, héritiers et acteurs des luttes de résistance et d’émancipation de notre Peuple, déterminés par l’amour de servir la Patrie, décidons de nous regrouper en un Mouvement

Politique de Rupture et de Refondation dénommé « SENS » pour « SERVIR ET NON SE SERVIR ». Le Mouvement « SENS » est le vôtre, il est le creuset de la Refondation pour une révolution politique, sociale et économique, profondément ancrée dans nos valeurs civilisationnelles endogènes de justice, de solidarité, d’équité, de cohésion avec la société comme avec la nature, pour une émancipation pleinement assumée à l’échelle nationale, continentale et internationale.

Qui sommes-nous ?

Nous sommes un Mouvement Politique dont l’ambition est de tracer une ligne de rupture avec la mal-gouvernance, un mouvement politique qui consacre la noblesse de SERVIR la Patrie et le Peuple. Travailler pour le bien public et l’intérêt général est notre sacerdoce. Nous sommes des Burkinabè, fiers d’appartenir à ce peuple travailleur, déterminés à nous engager dans le champ politique pour dire NON au fatalisme, au monopole du jeu politique par une classe politique affairiste, cleptomane et démagogique. Nous sommes des filles et fils ordinaires de notre peuple, dont les fruits du dur labeur dans les campagnes et les villes sont spoliés par des politiciens véreux.

Nous sommes des filles et des fils de toutes origines et conditions sociales, engagés résolument à

prendre notre destin en main. Nous sommes des Burkinabè porteurs d’un IDÉAL, celui d’un Burkina Faso épanoui et prospère au profit de toutes et de tous, un Burkina Faso du vivre ensemble harmonieux et solidaire.

Nous sommes des citoyennes et des citoyens engagés à faire la politique autrement, en totale rupture avec les pratiques de corruption, de prédation, de clientélisme et de népotisme. Nous sommes en rupture totale avec la classe politique du moment, incapable de proposer une offre politique propre et véritablement endogène, de formuler un projet de société dont la crédibilité et la consistance survivraient aux slogans électoraux. Pour cela, notre vision s’enracine dans les valeurs positives de notre histoire. Notre lutte commune se nourrit des idéaux révolutionnaires de transformation radicale de la Patrie et du continent africain.

Nous affirmons notre confiance en l’Afrique, berceau de l’humanité et de civilisations millénaires ; terre de culture et de valeurs qui sont autant de trésors de sciences universelles, de modèles d’organisation politique et sociale. Nous affirmons notre conviction en une Afrique des peuples, résiliente, debout et digne, malgré des siècles d’esclavage, de colonialisme et de gouvernance par procuration. Nous militons pour le Panafricanisme, pour une Afrique des Peuples, pour un projet viable de prospérité soutenue et d’émancipation entière de tous les peuples africains. Nous affirmons notre foi au caractère universel et sacré des droits humains et des droits des peuples, notre détermination à vivre libres et dignes, à être égaux en droits, à nous autodéterminer, et à jouir de notre pleine et entière souveraineté.

Quelles sont nos valeurs ?

Nos valeurs tirent leur source du patrimoine de l’humanité dont notre continent est la terre d’origine. Elles ne partent pas du néant. Elles s’appuient sur le meilleur de l’aventure humaine et africaine, enraciné dans notre histoire. Nous adoptons une autre hiérarchie des valeurs, celle qui privilégie l’être humain à l’avoir, le collectif à l’individuel, tout en garantissant le respect des droits de la personne ainsi que ceux de la nature. En  tant  que  Burkinabè,  nous  sommes  porteurs  des  valeurs  de  Burkindlim,  c’est-à-dire  de patriotisme, d’honneur, d’intégrité, d’honnêteté, etc. En tant qu’Africains, nos valeurs sociétales cardinales s’enracinent au plus profond des sources de notre civilisation africaine, dans la doctrine de la Maât et ses différentes déclinaisons suivantes : équilibre, ordre, vérité, justice, justesse, rectitude, équité, droiture, solidarité, bienveillance, etc. Pour nous, la vie en société doit tendre au maintien et au renforcement de l’équilibre à la fois cosmique, social et environnemental.

Quels sont les défis ?

Nous vivons dans un monde où le Burkina, à l’instar de tous les pays d’Afrique, se retrouve dans le tourbillon d’une mondialisation débridée et soumis au catéchisme doctrinaire du capitalisme sauvage dont les effets se traduisent par des crises multiformes et des déséquilibres divers. Une lourde chape de plomb pèse sur la société, colonisant les esprits et les lois, imposant une sorte de surmoi culturel paralysant, où chacune et chacun a le sentiment d’être engagé dans une impasse. Comment sortir d’un tel modèle où la grande majorité manque de tout, même du minimum vital, tandis qu’une infime minorité se livre aux délires de la surconsommation ? Comment s’émanciper d’un système dont les excès sont exhibés en exemple ? Au final, comment faire de ce dérèglement structurel un bien et transformer les crises en une opportunité pour l’émancipation du Burkina, de l’Afrique et des peuples ?

Au Burkina Faso, la vérité oblige à reconnaître que la tâche est gigantesque, tant il y a des murs qui se dressent et des fossés qui se creusent et s’agrandissent. Certains abdiquent pendant que le plus grand nombre désespère. Les forces politiques au pouvoir et les autres courants de pensée dominants ne sont pas en état de proposer des solutions viables et durables. C’est la raison pour laquelle il se développe de plus en plus, dans la conscience nationale, vis-à- vis de la classe politique traditionnelle, une désaffection, un désamour alimenté par une offre politique et idéologique faible et sans lendemain, une gouvernance médiocre et sans horizon, des espaces institutionnels sans objet, des caricatures d’hommes et de femmes politiques corrompus.

La demande collective pour un changement de modèle existe et elle est très forte, même si elle n’est pas encore ou est peu portée par les élites. Il reste par conséquent à imaginer comment faire advenir véritablement ce changement de modèle tant souhaité. C’est cela la mission des femmes et des hommes regroupés autour de ce Manifeste Politique, qui est le Manifeste pour la RUPTURE et le CHANGEMENT.

Quelle est notre vision pour le Burkina Faso ?

Notre action est, par l’histoire récente des luttes de notre peuple, héritière de la Révolution du 04

Aout  1983  et  de  l’insurrection  populaire d’Octobre  2014.  Nous  n’en  revendiquons  pas  une exclusive paternité, mais nous en assumons l’inclusif destin et la mission sacrée avec d’autres forces démocratiques et populaires, fondés sur une aspiration à la RUPTURE. « Plus rien ne sera comme avant ! » : ce message, sans ambigüité, est la lettre de mission de notre peuple à la classe politique. Il nous enjoint de poser les fondations d’une société à jamais débarrassée des pratiques de corruption et de prédation.

Nous sommes en ordre de bataille contre le statu quo politico-social et économique. Nous voulons

être en communion avec le Peuple pour bâtir la Patrie dans la droiture, la dignité, et autour de nouveaux paradigmes.

Le temps du vase clos des pseudos avant-gardes éclairées, des timoniers nationaux, des guides, propriétaires, présidents d’honneur de Partis, est révolu et il est heureux qu’il en soit ainsi ! Debout, avec toutes les autres forces vives et intègres, nous nous mettons au service de la Patrie pour faire du Burkina Faso une nation démocratique et prospère, avec des femmes et des hommes intègres et patriotes, engagés dans la construction des Etats-Unis d’Afrique.

Nous sommes solidaires des autres peuples d’Afrique et du monde pour la Paix et la Sécurité. Aujourd’hui plus que jamais, le Burkina Faso appréhende autant que toute autre nation, que la paix et la sécurité sont des conditions nécessaires et indispensables pour se bâtir et s’épanouir. Pendant des décennies, des institutions de notre pays ont servi de bases arrière et de canaux diplomatiques pour déstabiliser et semer la guerre contre des peuples africains frères.

C’est pourquoi, dans un élan de fraternité retrouvée, nous appelons à la solidarité de ces mêmes peuples meurtris par les démons de la guerre et du terrorisme. Avec ses filles et ses fils, notre peuple construira la paix et la sécurité dans la solidarité avec les autres peuples, avec en ligne de mire, la réunification des Peuples africains au sein d’un grand ensemble politique, capable de garantir notre sécurité collective, en tout temps et en tout lieu. Nous en sommes conscients et voulons fédérer toutes les énergies autour de l’agenda politique d’auto-détermination par les peuples africains. Les chantiers de notre projet de Refondation sont immenses : établir les conditions d’un bien-être équitable et respectueux de nos valeurs culturelles de vérité, de justice, d’équité, de solidarité (Maât), d’intégrité, de sens de l’honneur et de patriotisme (Burkindlim), autour du principe de transformation de la société. Cela implique de revisiter de fond en comble les conceptions de l’État, de son administration, de ses institutions, de la richesse, du bonheur, du travail, de la production, des services sociaux, de la consommation, etc.

Un Burkinabè nouveau, acteur du développement

La construction du Burkina Faso de nos rêves commence et a pour finalité le Burkinabè, dans une vision de développement intégral du capital humain.

Notre mouvement se donne pour priorité la formation du Burkinabè nouveau, capable de connaissances et de valeurs civiques, un citoyen conscient de ses devoirs et de ses droits, un citoyen respectueux du bien public, de la nature, du patrimoine commun, de la vie en famille et en société.

Le Burkinabè de bonne moralité, travailleur et patriote, qui participe pleinement à la vie de la cité, redevable, valorisé et jouissant des fruits de son travail, est notre ambition pour un Burkina Faso nouveau. Pour cela, il nous faut mettre en place : une école de développement qui réarme le citoyen de ses valeurs morales et culturelles, et qui forme et forge le patriote, le travailleur et le producteur ; un accès universel à l’école, à la formation continue, à l’école des métiers qui pose les jalons d’une servicisation de l’économie ; un pacte national sans délai pour éliminer l’illettrisme au Burkina Faso.

Un Etat moderne au service du bien-être collectif et individuel

La refondation de l’État et de ses institutions est confrontée à la fois au défi de rompre et de reconstruire. Face aux discriminations et aux ségrégations socio-économiques, sexistes, ethnicistes et religieuses, face aux crises institutionnelles, aux menaces de remise en cause des libertés publiques, aux faiblesses des contre-pouvoirs et des espaces de médiation, il s’agit de développer de nouvelles proximités pour retrouver du lien et du sens collectif, de mettre l’action publique au service de l’intérêt général, de redonner une nouvelle dynamique à la démocratie.

De façon plus précise, il s’agit entre autres de :

-déconstruire l’État néocolonial pour construire, à partir de nos valeurs africaines, un État moderne, un État de développement fondé sur la souveraineté populaire et une administration financière performante, gérée de façon rigoureuse et vertueuse ;

-transformer l’administration de commandement territorial en une administration de développement, une administration démocratique assumée par les élus et acteurs locaux ;

-démocratiser l’exercice du pouvoir exécutif et législatif à travers des exécutifs et des législatifs régionaux dans de nouveaux paradigmes de compétences et de responsabilités

de développement régional transférés et garantis par la Constitution ;

-refonder l’administration de fonctionnariat d’État en une administration de développement populaire et de services basés sur des obligations de résultats ;

-refonder l’animation politique et la gestion politique de la cité en une démocratie populaire, de  contrôle citoyen et de redevabilité mutuelle permanente entre les élus et le peuple

souverain ;

-jeter les bases d’une politique de sécurisation et de défense populaire et patriotique.

Une économie au service du développement humain

La refondation économique repose sur le postulat que la première richesse d’une nation, c’est son capital humain. Il s’agira par conséquent d’investir dans l’être humain à travers l’éducation et la santé. La refondation économique pose les fondements d’une organisation économique et sociale d’un autre type : à la dictature du PIB, nous opposons les indicateurs de bien-être, d’égalité, d’émancipation, de sociabilité, etc. Cela passe aussi par :

-une  transformation  des  structures  de  production  agro-sylvo-pastorale,  des  produits agricoles et des ressources locales pour garantir la souveraineté alimentaire et la création d’emplois dans ce secteur ;

-un agenda national de politique écologique : exploitation des ressources naturelles, des ressources premières dans le respect de l’éco-système et l’équilibre pour les générations futures ;

-un modèle social fondé sur l’équité, qui favorise l’épanouissement physique, économique, social et mental de la femme et de la jeune fille pour leur pleine participation à la vie socio- politique et économique du Burkina Faso ;

-une  économie  moderne  industrialisée  basée  sur  des  chaînes  de  valeurs  créatrices

d’emplois ;

-la construction d’une servicisation de l’économie, une économie de la connaissance, une

économie du développement des services.

Notre Appel

Face à l’insécurité et au désastre qui nous menacent, le changement est possible. C’est pourquoi nous en appelons à la mobilisation de tous les patriotes, de toutes les filles et tous les fils de la Patrie et de l’Afrique autour de ce Manifeste, dans un élan de ressaisissement collectif, un désir commun de changement, une dynamique nouvelle d’espérance pour un Faso nouveau, organisé autour des valeurs de justice, de solidarité, d’équité, de bienveillance, d’équilibre, c’est-à-dire de la Maât. Prenons en charge nous-mêmes notre destin. Prenons en main notre destin national et continental, en investissant massivement le terrain politique. A cet effet, le Mouvement SENS vous invite à prendre part aux consultations participatives destinées à consolider le projet de société qui vous est proposé. Disons NON à la mal-gouvernance et à la corruption des cœurs et des esprits ! Engageons-nous MAINTENANT pour le véritable CHANGEMENT !

Comments

comments

Laisser un commentaire